Ce qui est amusant, c’est que j’ai toujours cru que je mourrai d’une crise d’asthme. D’abord il y a des antécédents dans ma famille. Ensuite, c’est la sensation qui y fait le plus penser : cette impression d’étouffement, ce manque d’air. On inspire, on joue de ses muscles, mais rien n’y fait, pas une goutte de ce si précieux air ne veut rentrer. On essaye plus fort encore, on s’épuise, rapidement l’énergie nous manque, et toujours rien de ce fluide salvateur qu’est l’oxygène. Très vite, on n’a plus l’énergie ni le souffle d’appeler au secour, la tête commence à tourner, on ferme les yeux dans l’espoir de gagner quelques secondes, on repense à tous ces bons moments qu’on a passé, et on ne fait même plus l’effort de soulever sa cage thoracique. Bref, une mort qui si elle n’est pas vraiment douloureuse, semble inévitable ; et je soupçonne que l’on meurt bien plus de la crise de désespoir que véritablement du manque d’air.
Et bien cette semaine m’aura appris que je pourrais tout aussi bien mourir d’un choc anaphylactique. La sensation est bien différente, jamais on ne manque d’énergie, jamais on ne perd vraiment la tête comme précédemment. Par contre, le sentiment d’inévitable est toujours là, on s’excite, on tourne en rond, et rien n’y fait, il y a toujours cette sensation de gonflement jusqu’à l’explosion. Cette impression qu’un milliard d’insecte énorme vont faire éclater la peau de l’intérieur pour sortir d’un corps dans lequel ils hibernaient depuis trop longtemps, laissant derrière eux un amas amorphe de chairs putréfiées. Un scénario à la Alien. Un scénario fort déplaisant.
C’est amusant comme la mort ne m’inquiète plus depuis longtemps. Il faudra bien qu’elle vienne un jour de toute façon, sans doute sans prévenir, et ce moment venu, peu importe la manière, finalement.